A Propos
Le Matin des Magiciens de Pauwels et Bergier a été, il y a longtemps, la bougie d’allumage de notre intérêt pour les univers alternatifs en marge des conventions dictées par les décideurs de vérité. Au nom d’une science sclérosée par les chasses gardées, la direction imposé à la pensée par une garde de théoriciens au diapason à agit comme un ciment finement coulé sur la réflexion et l’imagination. « Il existe peut-être un ou plusieurs univers parallèles au nôtre », écrivait Pauwels dans la préface cette oeuvre phare du « réalisme fantastique ». Voilà un des agents d’etConsilii…
Univers alternatifs
On ne pourrait mieux exprimer les fondements d’etConsilii qu’en reprenant la brillante analogie de l’anthropologue américain Loren Eiseley qu’ont cité les auteurs pour illustrer les mécanismes de leur propre démarche et les origines de leur réflexion sur l’univers et notre monde.
« Rencontrer un autre monde, [disait Eiseley], n’est pas uniquement un fait imaginaire. Cela peut arriver aux hommes. Aux animaux aussi. Parfois, les frontières glissent ou s’interpénètrent : il suffit d’être là à ce moment. J’ai vu la chose arriver à un corbeau. Ce corbeau-là est mon voisin. Je ne lui ai jamais fait le moindre mal, mais il prend soin de se tenir à la cime des arbres, de voler haut et d’éviter l’humanité. Son monde commence où ma faible vue s’arrête. Or, un matin, toute notre campagne était plongée dans un brouillard extraordinairement épais, et je marchais à tâtons vers la gare. Brusquement, à la hauteur de mes yeux, apparurent deux ailes noires immenses, précédées d’un bec géant, et le tout passa comme l’éclair en poussant un cri de terreur tel que je souhait ne plus jamais rien entendre de semblable. Ce cri me hanta tout l’après-midi. Il m’arriva de scruter mon miroir, me demandant ce que j’avais de si révoltant…
« J’ai fini par comprendre. La frontière entre nos deux mondes avait glissé, à cause du brouillard. Ce corbeau, qui croyait voler à son altitude habituelle, avait soudain vu un spectacle bouleversant, contraire pour lui aux lois de la nature. Il avait vu un homme marchant en l’air, au coeur même du monde des corbeaux. Il avait rencontré une manifestation de l’étrangeté la plus absolue qu’un corbeau puisse concevoir : un homme volant…
« Maintenant, quand il m’aperçoit, d’en haut, il pousse des petits cris, et je reconnais dans ces cris, l’incertitude d’un esprit dont l’univers a été ébranlé. Il n’est plus, il ne sera jamais plus comme les autres corbeaux... ».